lundi 1 novembre 2010

La revanche d’Apple



En mai dernier, Apple avait marqué les esprits en devenant la deuxième capitalisation boursière du monde derrière ExxonMobil en passant devant Microsoft dont l’action se languit depuis le début des années 2000(Apple surclasse Microsoft… et Dell). Il y a quelques semaines, Apple frappait à nouveau en annonçant ses résultats pour l’exercice 2010 (clos fin septembre). Avec 65 milliards de dollars, la firme à la pomme réalisait un chiffre d’affaires supérieur à celui de Microsoft qui s’établit à 62 milliards de dollars (exercice clos fin juin 2010). Par Guy Hervier.

Le succès aujourd’hui d’Apple est connu et a été décortiqué de manière très détaillée par de nombreux analystes (Une étude du cabinet Forrester : Quel avenir pour Apple ?). Les chiffres du dernier rapport annuel que vient de publier Apple apporte des éléments complémentaires et 2010 restera un excellent crû avec une excellente moisson d’iPhone et une première récolte très prometteuse de l’iPad.

Lancé en juillet 2007, l’iPhone arrive à maturité et a représenté (contrairement à l’iPod, Apple ne fait pas le détail des ventes de matériels, de revenus provenant des accords avec les opérateurs / revendeurs, des services et des accessoires) près de 40 % du chiffre d’affaires total. Et à l’inverse de l’iPod qui semble avoir atteint ses limites(Apple bénéficie de l’effet iPod et bientôt iPhone), les ventes de l’iPhone devraient continuer à croître. Apple voudrait même aller plus loin en s'affranchissant des opérateurs et en devenant une sorte de MNVO (Apple voudrait s'affranchir des opérateurs télécoms).

Mais 2010 restera aussi l’année du lancement de troisième relais de croissance d’Apple avec l’introduction de l’iPad en avril. Tout comme ce fut le cas de l’iPhone, le lancement de l’iPad a minutieusement organisé (comme le furent en leur temps les mises en librairie des nouveaux tomes d’Harry Potter) comme sait le faire Apple et les ventes ont tout de suite explosé et clairement bénéficié de l’effet de marque.


A la différence de Google qui fait de la vente en continu (des millions de micro-ventes provenant de la publicité), Apple fabrique des produits dont elle doit réussir le lancement, tâche complexe impliquant de nombreux paramètres. Fort d’un capital de sympathie largement partagé et d’une image forte largement entretenue, Apple a désormais la tâche facilitée. Toujours est-il que le lancement de l’iPad a été largement réussi générant près de 5 milliards de dollars sur la base de près de 7,5 millions d’unités vendues, soit plus que la moitié des ventes de Mac, postes de travail et portables.
On se souvient qu’en janvier 2007, à l’occasion de la conférence MacWorld Expo, Steve Jobs annonçait qu’Apple Computer, Inc abandonnait le terme computer pour devenir tout simplement Apple, Inc. Cela n’empêche pas Apple de continuer à vendre des ordinateurs. Et le succès basé sur les trois relais de croissance que constituent l’iPod, l’iPhone et l’iPad joue un rôle très positif sur les ventes de Mac. Les ventes de Mac restaient à un étiage relativement bas depuis de longues années même si Apple restait très présent dans ses bastions traditionnels (jeunes, secteurs des médias et des industries graphiques). Entre 2006 et 2010, les ventes de Mac ont été multipliées par deux et demi, mais elles restent encore aux portes de l’entreprise. Pour Frédéric Bardon, Senior Manager du Cabinet Ineum Consutling/Kurt Salmon, « le succès d’Apple auprès du grand public estcertain mais pas suffisant pour voir ses produits s’imposer en entreprise. En effet, de nombreux défis restent à relever avant de convaincre les DSI de switcher (lire notre article dans notre édition du jour). Un nouveau défi à relever par Steve Jobs qui n’en est pas à son premier.

0 commentaires: